Tremeur – De Tulle aux institutions européennes

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Quand Tremeur arrive à Tulle en 1991, il débute tout juste comme enseignant. Professeur stagiaire au lycée Edmond-Perrier, il enseigne l’histoire-géographie à deux classes de première STT.

Quand je lui demande de résumer cette année en un mot, il choisit « découverte ».

Découverte du métier, d’abord, mais aussi de l’enseignement technologique et d’élèves aux parcours très différents.

Parmi les personnes qui l’ont marqué, il cite Jean-Luc Lamouché, professeur d’histoire au lycée, qui l’accompagne dans ses premiers pas. Tremeur se souvient d’un enseignant très attentif aux élèves, mais aussi très exigeant.

« J’espère avoir été un prof comme ça », me dit-il.

Il garde aussi en mémoire le festival de cinéma du lycée, notamment une projection de L’Œuf du serpent, d’Ingmar Bergman. Pour lui, c’est un bon exemple de ce que l’école peut proposer lorsqu’un vrai travail d’accompagnement permet aux élèves d’aller vers des œuvres plus exigeantes.

Et puis il y a la Corrèze elle-même.

Breton, ayant grandi près de l’océan et étudié à Paris, Tremeur découvre aussi en Corrèze un environnement complètement nouveau. Avec humour, il parle de Tulle comme de sa « première expatriation ».

« Tulle fut un tremplin pour moi vers les horizons, vers l’ailleurs. »

Et l’ailleurs arrive vite : dès l’année suivante, il part en Colombie pour son service national. Depuis, il n’a plus vécu en France.

Pendant près de dix-huit ans, Tremeur travaille dans l’enseignement international, notamment dans les lycées français et les écoles européennes.

Puis son parcours évolue vers les institutions de l’Union européenne et les politiques publiques.

Aujourd’hui installé en Italie, il a travaillé à la Commission européenne sur des sujets très différents : politique du multilinguisme, communication scientifique, conception et gestion de programmes éducatifs européens, notamment autour de l’éducation au climat et au développement durable.

Ce parcours, il l’a construit de façon active, sans pour autant suivre une trajectoire toute tracée. Certaines envies sont restées constantes : transmettre, découvrir d’autres pays et ne pas se restreindre à un seul métier.

C’est aussi l’un des messages qu’il aimerait transmettre aux élèves d’Edmond-Perrier.

« Ils sont des acteurs », insiste-t-il.

Le lycée est aussi leur établissement : à eux de participer, de développer leur esprit critique et de profiter de ce qui leur est proposé pour gagner en autonomie, mieux s’émanciper et se réaliser.

Pour l’orientation, son conseil est tout aussi concret : aller voir par soi-même.

Rencontrer des professionnels, échanger avec eux, découvrir leur quotidien, essayer différents environnements. Car on peut aimer l’idée d’un métier sans forcément aimer la vie qui va avec.

Et ne pas négliger les langues : elles ouvrent des possibilités professionnelles, mais permettent aussi de mieux comprendre le monde — et d’y évoluer.

Partir, découvrir, essayer, apprendre : une première direction n’est pas forcément la dernière.